Chronique À l’aventure du Journal de Montréal

 

PLAISIRS FOUS EN PROVENCE

 

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

Ymartineau@videotron.ca

Physiquement, il me fait penser au frère Tuck.  Ou à Obélix.  Coïncidence ou pas, ce laitier de Québec possède une personnalité aussi charismatique que ces deux célèbres personnages.  Bon vivant, adorant l’eau, il vient de s’offrir un plaisir fou en Provence : du canyoning !

Benoît Miller, âgé dans la jeune trentaine, prépare un voyage de vélo en France lorsque son agence de voyages lui propose du canyoning lors de sa journée de relâche à bicyclette.  Pas question de rater pareille occasion.  Le canyoning, c’est ce sport à sensations fortes qui se pratique dans certaines rivières tumultueuses jonchées de chutes et de cascades, sans autre équipement qu’un vêtement de néoprène et un casque de sécurité.  Dès les premiers contacts, Benoît constate le professionnalisme de l’entreprise Destination Nature.  Coup d’œil à gauche, à droite, en haut, en bas, décidément le décor relève de la féerie.  Ces montagnes, ce sont les Alpes du Sud, tout de même.  La rivière coule au tréfonds d’une vallée profonde de 300 mètres, sévèrement encaissée.  C’est spectaculaire à souhait.  Tout là haut, on distingue en partie une voie ferrée désuète excavée dans la falaise.  Un ouvrage à couper le souffle.  Opérationnelle au début du siècle, elle fut minée par les Allemands durant la seconde guerre mondiale et n’a pas été réparée depuis. 

Voilà la première paroi à sauter.  Elle atteint à peine un mètre, n’empêche plusieurs hésitent, d’autres ricanent nerveusement.  Trois, deux, un, go !  À tour de rôle, les participants s’élancent.  Brrrrr !  On éprouve quelques frissons dans cette eau de fonte des neiges des Alpes du Sud.  On marche dans le lit de la rivière sur quelques dizaines de mètres, et place à un premier toboggan, comme disent les Français.  Il s’agit d’une forme naturelle des glissades d’eau de parcs aquatiques.  Benoît s’assoit, positionne les bras et se donne un élan.  Il sourit à pleine dents et glisse sur les fesses avant d’aboutir dans un bassin.  Il faut ensuite grimper à pied, se faufiler dans le sentier entre les arbres et se présente alors une estrade naturelle.  Les aventuriers s’approchent, reluquent en bas, exécutent un mouvement de recul.  Cinq mètres de vide.  La marmite en bas bouillonne bruyamment.  Le guide prévient : vous serez aspirés pendant quelques secondes, restez calmes.  Plus facile à dire qu’à faire.  Je vous entends dire : c’est seulement cinq mètres.  Oui, mais on s’en reparlera le jour où vous aurez vécu l’expérience « live in concert ».  Plusieurs se ferment les yeux, crient, et advienne que pourra.  Lorsqu’on réapparaît, les visages s’illuminent. 

Les plus téméraires prennent de l’assurance et en redemandent.  Benoît glisse sur le ventre, tête première, dans un long toboggan en forme d’escalier en colimaçon,  emporté par le courant et le rocher déferlant.  Mais avant d’achever sa course, il se retrouve dans le vide sur quelques mètres pour ajouter aux palpitations.  Tout juste après, il faut escalader un promontoire afin de parvenir au fait saillant de l’activité : un surplomb de dix mètres.  Une frayeur vaut à plusieurs la chair de poule.  Benoît, au contraire, bondit sans hésitation, culbute, réussit un 360 degrés avant son entrée à l’eau.  Durant quatre longues heures, au cœur de paysages merveilleux, Benoît s’est ainsi amusé follement.  Le canyoning et la Provence ont réveillé l’enfant  sommeillant en lui.

REPÈRES

-Rens. : l’agence de voyages Arc-en-Ciel, au Québec, a tous les détails : 1-800-574-7472.  On peut aussi s’inscrire à des forfaits de quelques jours où on fera même des descentes en rappel, tels les alpinistes

-Pour l’hébergement, la ville de Grasse, capitale mondiale des parfums, est un endroit central et merveilleux : à flanc de montagne, avec un vieux quartier médiéval de 1000 ans d’où on aperçoit la Méditerranée, Cannes et Nice à 15 km (et pour beaucoup moins cher que sur la Côte d’Azur).  Rens. : http://ville-grasse.fr

-Excellente source de renseignements sur la France, la Maison de la France à Montréal : 1-888-883-7622

LES COUPS DE CŒUR DE BENOIT MILLER,

LAITIER, CHÂTEAU-RICHER (QUÉBEC)

-La quantité et la diversité des obstacles à sauter ou à dévaler

-La variété de sports de plein air à pratiquer à Grasse et sur la Côte d’Azur

-Le cachet entichant de son hôtel (Ste-Thérèse), un ancien couvent aux corridors étroits, aux plafonds bas et voûtés, à la terrasse donnant une vue magnifique sur la Méditerrannée.