Chronique Partez à l’aventure du Journal de Montréal

CYCLOTOURISME AU  PAYS DU PARFUM

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

ymartineau@videotron.ca

L’appareil d’Air Transat survole la Méditerranée, puis se pose à Nice.  Quelques minutes plus tard, entre mer et montagne, j’arpente les rues de Grasse pour la première fois.  Ville de repos ennoblie par un vieux quartier de 1 000 ans et une cathédrale féodale, j’en fait mon pied-à-terre pour une semaine de randonnées cyclistes enivrantes.

Grasse se coiffe du titre de capitale mondiale des parfums : la région donna naissance dit-on à plusieurs fagrences de Rochas, de Dior et au  mythique No 5 de Chanel.  Grasse attirait déjà des visiteurs du monde entier au XIXe siècle.  Ils s’amenaient pour profiter de ses parfums, certes, mais aussi de son climat doux et ensoleillé. Les nombreux séjours de la reine Victoria, à l’époque, ne sont pas étrangers à sa réputation.  Aussi, le peintre personnel de Louis XV, Fragonard, y est né.  Au delà de toutes ces considérations, sa situation en fait un endroit de rêve pour les cyclistes.  Cannes et la Côte d’Azur baignent à 30 minutes et nous baignons déjà à flanc de montagne, prêts à attaquer des circuits où j’ai rapidement le bonheur de parcourir mon premier col, un tout petit de 782 mètres.

Le premier itinéraire me guide vers les gorges du Loup.  Je le qualifierai à tout jamais d’incontournable.  Je suis rentré au bercail quelques heures plus tard avec ces qualificatifs en tête : extraordinaire, génial.  On quitte Grasse par l’avenue Thiers et ses immenses pins parasol, majestueux.  On défile dans un jeu d’ombrages.  D’un côté s’élève des sommets arrondis, de l’autre plongent des falaises nous laissant entrevoir la mer.  Les routes, sinueuses à souhait, ne permettent pas de s’installer sur le « pilote automatique ».  Elles sont étroites, découpées.

Au terme d’un faux-plat descendant de plusieurs kilomètres s’amorce une grimpe toute subtile.  La route s’incruste tant  aux à-pics qu’en plusieurs endroits elle pénètre dans des tunnels courts et nombreux.  Après une montée d’une heure et demie, ça se corse sur un chemin en lacets pour enfin déboucher sur Gourdon.  Une perle !  Ce village médiéval perché sur un piton rocheux offre une vue imprenable sur la région.  Im-pre-na-ble !  Nous savourons ces instants, déambulons à pied sur les vieilles dalles des ruelles et dans les boutiques d’où émanent des essences d’herbes typiquement provençales.  Une partie de plaisir nous attend au retour : redescendre sur des chemins épousant les anfractuosités du terrain accidenté.  Nous roulons sans quasiment pédaler… à 50 km/heure.  Chaque virage dévoile un décor différent.  Il faut se faire violence pour s’arracher à la frénésie de la vitesse.  Allez Yvan, freine un peu, imprègne-toi de ces paysages de toute beauté.  Bref, il s'agit là d’un parcours pour rouler tantôt avec rythme, tantôt pour grimper sur de longs kilomètres et achever sur un chemin en lacets, le tout suivi de folles descentes.

De retour à l’auberge, un ancien couvent en fait, l’enchantement se poursuit. J’accède à ma chambre par les étroits corridors aux plafonds bas et voûtés, semblables à ceux des films de cap et d’épée.  Puis, je viens rejoindre le groupe de cyclistes que j’accompagne sur la terrasse offrant elle aussi une vue embrasante sur la Côte d’Azur au loin.  Demain et pour plusieurs jours encore, d’autres balades du genre viendront agrémenter ces vacances inoubliables.  Et je reviendrai, c’est certain.

REPÈRES

-Grasse offre l’avantage d’être à 15 km de la Côte d’Azur, sans la lourde circulation : www.franceguide.com  ou 1-888-883-7622.  Air Transat propose de nombreux vols l’été.

-Au Québec, l’agence Passion Aventure suggère des forfaits : lgarceau@voyagesenliberte.com   Niveau de difficulté : modéré à difficile.

-Le charmant hôtel juché tout en haut du village pour une vue superbe : le Sainte-Thérèse.

MES COUPS DE CŒUR

-La journée de « repos » à rouler directement sur la Côte à travers Cannes, Nice, et sur la Croisette.

-La richesse historique de Grasse, le plaisir d’arpenter les ruelles et de souper aux abords de la vieille ville, la visite du musée de la Parfumerie.

-Les possibilités de randonnées pédestres, de canyoning et de visites de grottes dans les environs, en plus de la voile sur la Côte.