Chronique Partez à l’aventure du Journal de Montréal

AU 7E CIEL SUR LA ROUTE DES VINS D’ALSACE

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

ymartineau@videotron.ca

Bien campé dans l’appareil d’Air France, je relaxe enfin.  Demain, je roulerai  cette Route des vins d’Alsace qui me fait tant languir.  Je ne sais pas encore que je voguerai d’enchantement en enchantement, qu’elle me transportera au 7e ciel.

Combien de fois avais-je contemplé, dans des revues, ces paysages de la Route des vins dignes de cartes postales  ?  Ces vignes fabuleuses, pacifique armée grimpant à l’assaut des Vosges, exercent effectivement un irrésistible pouvoir de séduction.  Je n’ai pas été déçu.  Toutefois, ce qui m’a plongé dans une aventure de Tintin où l’on pique ma curiosité à tout instant, ce sont ces gens, ces villages, ces étroits chemins réservés aux cyclistes.  Et il y a l’histoire ! L’histoire ici ne se vit pas dans un bouquin, c’est du concret, du tangible. 

Pour les amateurs de vélo, la Route des vins qui s’étire sur 170 km possède un cachet unique.  D’abord et avant tout parce qu’aucune autre région de France n’a développé un tel réseau de voies et de pistes cyclables.  À plusieurs endroits, les ruelles asphaltées s’insinuent à travers les vignes interdites aux automobilistes, sauf aux viticulteurs.  On roule vraiment au cœur des vignobles, lesquels nous escortent d’un hameau à l’autre.  Imaginez-vous pédaler dans ce monde qui nous est insolite à lorgner ces milliers de « petits soldats au garde-à-vous », alignés parfaitement et moutonnant le décor.   En d’autres occasions, on quitte les villages par des routes secondaires ascensionnant les collines.  Les mollets échauffés, on redescend tout de go vers un autre bourg.  Les  coquets villages rivalisent de charme et s’égrènent à tous les deux, trois ou quatre km.  On n’a pas fini de raconter ce dernier patelin où CHAQUE demeure arborait quantité de paniers à fleurs qu’en arrive déjà un autre avec ses géraniums d’une taille à faire pleurer d’envie ma conjointe, une horticultrice amateur.  

Région de France bordée par la Suisse et l’Allemagne, l’Alsace c’est le pays de la choucroute, de la tarte flambée et des maisons à colombages.  Ces dernières en mettent plein la vue avec leurs façades colorées.   Et l’Alsace l’été célèbre une foule de festivités.  Combien de fois avons-nous pénétré l’enceinte de villages (par des portes d’arches de quelques centaines d’années, vestiges des remparts qui ceinturaient les fiefs médiévaux de l’époque !) sous une multitude de fanions, au son d’une musique traditionnelle où l’accordéon prédomine ?  Les châteaux ne manquent pas non plus, la Route en recèle une trentaine au total, et plusieurs invitent les touristes.   La plupart des villages préservent leur caractère d’autrefois.  C’est souvent de pavé uni à l’ancienne que sont constituées les artères principales.  À Kaysersberg, la municipalité en a apposé un million au total !

Chaque gîte se révèle une expérience en soi et témoigne de la réputation gastronomique de l’Alsace.  En nous plongeant des siècles en arrière.  Au premier jour, à Wasselonne, l’hôtel Le Relais nichant dans un décor bucolique nous sert un muscat, puis un auxerrois, ensuite un riesling… c’est parti.  Il en sera ainsi durant une semaine : péchés mignons et excès de table.  À Blienschwiller, village créé au 6e siècle et classé historique, nous logeons à l’hôtel de la famille Winzenberg qui possède un vignoble vieux de 1508 !  C’est là aussi que nous assistons à notre première dégustation dans un caveau.  Monsieur Sohler nous raconte à un certain moment que son oncle a été enrôlé de force dans l’armée allemande en 1939.  Ils n’ont plus jamais eu de ses nouvelles…  À Riquewihr, « la perle du vignoble alsacien », le Saint-Nicolas est un établissement du 16e siècle.  Des gens habitaient ici au Moyen-Âge, pensez-y !  Le proprio s’amène avant le souper au volant de sa Peugeot 1932 et nous conduit au sommet du village et de la mer de vignes où le panorama éblouit.  On voit au loin les collines évanescentes faire place à la plaine du Rhin, fleuve légendaire.  À Saverne,  Obernaï, Colmar, Eguisheim et à plein d’autres endroits, on n’en finit plus d’être bouleversé par les attraits historiques et la qualité de préservation de cet héritage en dépit des deux guerres mondiales qui affligèrent la région.

REPÈRES

-Renseignements : La maison de la France à Montréal : www.franceguide.com ou 1-888-883-7622 , Tourisme Alsace : www.tourisme-alsace.com .  Air France offre des vols quotidiens vers Mulhouse ou Strasbourg : www.airfrance.ca

-L’agence Passion aventure propose d’intéressants forfaits de cyclotourisme et de randonnée pédestre dans cette région : demandez Louise Garceau au

1-800-574-7472.

-Pour voyager la tête tranquille, Trico Sports a conçu une valise à toute épreuve spécialement pour les vélos :  (514) 345-0135 ou admin@parisglove.com

MES COUPS DE Cœur

-La fierté et la gentillesse des gens qui nous abreuvent d’anecdotes intéressantes sur l’histoire de la région

-Les hôtels qui possédaient tous un garage à vélo pour bien les protéger

-Le bain culturel : à table il n’était pas rare d’entendre parler cinq ou six langues tant les visiteurs viennent de partout