Chronique À l’aventure du Journal de Montréal

 

SCINDER L’HIVER : LA CÔTE D’AZUR À VÉLO

 

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

Ymartineau@videotron.ca

Vous avez envie de fuir l’hiver ?  Alors, faites-le en grande !  Laissez-vous subjuguer par les jardins exotiques, les villages perchés et les vieux quartiers historiques, par la mer et les falaises de la flamboyante Côte d’Azur. 

Pour mieux m’imprégner de la Riviera, succomber à ses innombrables charmes et vibrer intensément, je l’ai vécue au rythme de l’escargot : à vélo ! Le littoral de la Méditerranée a inspiré Picasso,  Rimbaud, Maupassant, Cocteau et plusieurs autres; il voit défiler les plus grandes stars de la planète. Aux guidons de ma bicyclette, j’ai eu l’impression de rouler entre mythe et réalité.  Il s’agissait de ma première visite sur la célèbre Côte.  Je ne suis guère  attiré par le culte des vedettes ou par les palais de fortunés.  Ni intéressé de savoir où habite Jacques Villeneuve à Monaco.  Ainsi, plus que l’opulence, c’est la luxuriance de la végétation, la douceur angevine de la Méditerranée, la splendeur des villages hauts perchés sur des pitons rocheux qui donnent à mes yeux l’image de paradis terrestre à la Côte d’Azur. 

Partons de Cannes.  Rouler tout doucement sur la Croisette entre mer et vieille ville ne manque pas de charme.  À ne pas manquer, le Fort-Royal, devenu prison d’état en 1685, et qui abrita le légendaire Masque de fer.  Puis, on traverse Antibes, fondée 500 ans avant Jésus-Christ, et Nice dont la vieille ville avec ses ruelles étroites, son marché de fleurs et ses fortifications médiévales ensorcellent.  À partir de là, les cyclotouristes se doivent d’emprunter la route de Moyenne corniche pour éviter la lourde circulation du bord de mer.  De ce chemin panoramique, sinueux, vallonné et en certains endroits escarpé, les belvédères naturels valent de splendides points de vue.  Dès la sortie de Nice, la route grimpe haut à flanc de montagne et une halte s’impose pour contempler en contrebas la mer et ses paquebots privés ancrés dans la baie,  les villages de Villefranche-sur-Mer et Saint-Jean-Cap-Ferrat.

En plusieurs endroits sur la Moyenne corniche, de courts tunnels ont été percés pour permettre le passage de la route.  Ce n’est pas sans attrait pour les touristes québécois, peu habitués à rouler dans un tel décor.  Les châteaux et forteresses ne manquent pas sur le parcours.  Plusieurs villages nichent sur des éperons rocheux.  Imaginez, on dénombre 120 villages fortifiés ou perchés sur le territoire azuréen !  Chaque virage recèle une curiosité.  On ne sait plus où donner de la tête.  Puis, il y a Èze, Cap d’Ail, Monaco, enfin Menton, ville-jardin, où on redescend pédaler directement en bordure de la Méditerranée.   Une perle, Menton.  De hauts palmiers et de spectaculaires aménagements floraux l’ennoblissent.  Et presque tout de suite surgissent les premiers sommets des Alpes maritimes.  Mais le combat mer-montagne, ici, se déguise en noces.  Quelle alchimie !  Menton s’anime d’un festival de musique de chambre, de jardins tropicaux internationaux, du monastère de l’Annonciade et les 464 marches de son oratoire, d’une vieille cité médiévale et d’une architecture baroque.  Il y a aussi la plage.  Et l’Italie à moins de dix coups de pédale.

La Côte d’Azur à vélo m’a enthousiasmé.  J’y retourne l’automne prochain, c’est déjà réservé !

REPÈRES

-Renseignements : www.crt-riviera.fr ou www.franceguide.com  Au Québec, c’est l’agence Passion aventure qui organise ce forfait : lgarceau@voyagesenliberte.com ou 1-800-574-7472

-À vélo, le printemps et l’automne sont les saisons idéales pour parcourir la Côte d’Azur.  Le prochain groupe s’y rendra en septembre

-Pour un séjour d’une semaine ou deux, les possibilités de parcours vers l’arrière-pays sont nombreuses.  Si le conjoint ou la conjointe n’est pas cycliste, il a amplement de quoi occuper ses journées autrement.

MES COUPS DE CŒUR

-La beauté incroyable des paysages sur les escarpements, et le doux climat

-Le plaisir de marcher tout doucement à Cannes, à Menton et dans le Vieux Nice

-La facilité d’accès : de Montréal, l’appareil d’Air Transat nous amenait sans escale à Nice, et nous étions déjà dans le feu de l’action