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Everest 1999

Du 25 décembre 1998 au 18 janvier 1999


Suite du récit de voyage

4.01.9
Nous allons assister a la cérémonie des moines bouddhistes dans le temple tout juste à côté de notre lodge à 7h00 du matin. C'est tellement tôt que même les moines dorment encore. Ils arrivent finalement à 7h30 et une petite cérémonie commence. Il faut se déchausser et il fait froid là dedans. Au moins avec ça, on a une garantie que l'on pourra poursuivre notre route sans trop de problèmes!
On contourne l'Ama Dablam, re-WOW !
Et après une journée de 6 heures de marche on se retrouve a Dingboche (4300 m). Aujourd'hui, l'un de nous est demeuré a Thyangboche pour des problèmes de maux de tête et de grippe. Il devrait nous rejoindre dans 2 jours. Nous sommes de plus en plus haut et ça commence a paraître chez la plus part des membres du groupe. Maux de tête, fatigue, manque d'appétit, etc. Mais le moral des troupes est bon. Il faut dire que nous avons dû couper l'une de nos journées d'acclimatation dû au retard du dernier avion et là, ça se fait sentir.

Encore une très bon souper, mais avec cette "maudite bonne" soupe a l'ail. Ça beau être bon pour l'altitude, ca commence à agacer mes papilles gustatives et mon odorat ....

5.01.99
Dingboche, grasse matinée. Aujourd'hui, nous demeurons sur place pour notre deuxième journée d'acclimatation, elle est importante celle-là. Déjà a 8h00, devinez ? Ben oui, on nous sert de la "maudite" soupe a l'ail !
A 8h00 le matin ?
Les sherpas, eux, ils sentent l'ail a plein nez, ça tombe sur le cœur de pas mal de monde .

Repos en avant-midi et petite montée d'acclimatation en après-midi. Nous nous rendrons jusqu'à 4800 m (c'est la hauteur du MT-BLANC, le plus haut sommet des Alpes !) et certains jusqu'à 5000 m pour revenir coucher au village a 4300 m. C'est ce qu'il faut faire selon les livres, travailler haut et venir coucher bas.

Plusieurs personnes souffrent du mal de tête dû à l'augmentation du plasma dans la circulation sanguine. Le médicament pour cela est le Diamox qui est un diurétique donc, fait diminuer la quantité de liquide dans le sang .... Et pour éclaircir le sang, pour une meilleure circulation parce que le sang s'épaissit en altitude, il y a l'Aspirine .... Jamais, on aura pris autant de médicaments en si peu de temps, mais ..... Ça vaut le coût !

6.01.99
Aujourd'hui, notre destination est LOBUCHE.
Oups ! Mauvais départ, nous sommes partis que depuis quelques minutes que déjà il faut traiter une personne qui est gelée. .. Après, on continue tout doucement car a cette altitude, il faut être lent si on ne veut pas avoir de problème de respiration ou de maux de tête.

Après un long faux plat qui nous amène a Dhugla (4600 m), on nous dit qu'à l'arrière quelqu'un est mal en point. On va l'aider et lorsqu'il est avec nous on se rend compte que le mal de montagne est en train de faire son oeuvre (mal de tête, nausée, étourdissement, grande fatigue, etc). Donc, on décide de le placer dans le caisson hyperbare pour le ramener artificiellement 1000 m plus bas afin de lui permettre de reprendre un peu le dessus. Après 1 heure de traitement, on le sort. Ca va mieux, mais il faut qu'il redescende au moins de 300 a 400 m plus bas afin d'effacer ces symptômes. Il est maintenant très important que cette personne descende et il y a 2 autres personnes qui ne sont pas bien qui vont prendre le même chemin. Donc, Frédéric et moi allons raccompagner ces trois personnes au village de Pheriche a 4200 m où chacun de nos malades pourra récupérer un peu et redescendre plus bas le lendemain.

Pendant ce temps-là, on décide que le groupe demeurera a Dhugla pour la nuit. Ca sera une nuit d'acclimatation pour Lobuche prévu maintenant pour le lendemain.

7.01.99
Nos malades ont passé une meilleure nuit et Frédéric et moi remontons vers Lobuche (départ a 4200 m et arrivée a 4900 m). Lors de notre montée, nous rencontrons 5 personnes du groupe qui redescendent vers Pangboche pour récupérer car ils ont connu une mauvaise nuit et ne sont pas certains d'aller mieux plus haut ...

Il commence a avoir des nuages et même, lorsque nous arrivons a Lobuche, il tombe quelques grains de neige. C'est un endroit assez froid et il n'y a pas grand chose. A notre arrivée, on vient tout juste de terminer l'évacuation d'une personne qui s'est blessée en tentant l'ascension de l'Everest. Ça refroidit encore plus l'ambiance de ce coin pas trop trop hospitalier ...

Bon, on s'installe dans le lodge, on mange notre " ./*&^^%%" soupe à l'ail et on se couche tôt car nous partons à 3h30 cette nuit pour effectuer notre randonnée vers le KALA PATHAR ou le CAMP DE BASE DE L'EVEREST selon les goûts de chacun ou ses forces et c'est la seule chance que nous avons, il nous faut redescendre dès le lendemain ...

8.01.99
Frontale Réveil par l'habituel "tea time" mais à 3h00 et départ à 3h30 à la frontale dans ce sentier parsemé de cailloux. Nous nous dirigeons vers Gorak Shep (5100 m)sous un ciel nuageux et quelques flocons de neige nous tombent sur la tête, mais la lune semble vouloir percer. Nous atteignons le petit village en 2h30.

On arrive et on s'installe dans un lodge et on essaie de se réchauffer du mieux que l'on peut. Il fait un froid de canard et pas mal tout le monde a les pieds gelés . Trois personnes décident de redescendre vers Lobuche par mesure de prudence et 3 personnes (Hélène Poisson, Christine Abran-Cyrenne et Marc Michaud) décident d'aller vers le Camp de Base de l'Everest (5300 m). Donc, il reste 33 personnes qui vont tenter l'ascension du KALA PATHAR (5545 M).

Que ce fut pénible et douloureux pour plusieurs. Les maux de tête, le manque d'air, la fatigue, .... Everest Mais chacun de nous a su trouver au fond de lui la motivation qui lui a permis d'atteindre l'objet de ses RÊVES. Chacun de nous a su relever le défi et surmonter les obstacles pour atteindre ce point culminant d'où la vision de l'EVEREST EST IMPRÉGNÉE TRÈS PROFONDÉMENT DANS LEUR COEUR. Presque tous ont eu au moins une larme sur la joue pour montrer que l'effort était finalement récompenser.

Pour ma part, c'est la plus difficile expérience de montagne que j'ai vécue à ce jour et lorsque je suis parvenu au sommet du Kala Pathar, 1h30 après les premiers, j'ai éclaté en sanglots . . . J'ai pris quelques minutes pour me remettre de cette difficile épreuve, mais après, ce fut l'extase, la récompense suprême ....

Everest OUI, CE FUT DIFFICILE, MAIS OUI, ÇA VAUT LA PEINE DE SE DONNER CORPS ET ÂME À SES RÊVES .....

"L'ambitieux trouve des moyens afin de réaliser ses projets, celui qui ne l'est pas, lui, trouve des excuses..."


Je fais partis du monde des ambitieux et des rêveurs et je crois qu'avec de la volonté nous pouvons changer et accomplir de grandes choses . . .

Voilà, après l'extase et la récompense suprême, après les félicitations et les photos, c'est déjà le temps de penser à redescendre. Comme le temps passe vite au sommet du KALA PATHAR (5545 m). Il me semble que je serais demeuré là des heures et des heures à contempler l'Everest (8848 m), le Nupse (7896 m), le Lhotse (8501 m), le Pumori (7145 m) et tous les autres sommets tout autour qui donnent à cet endroit une allure de prestige, presque surnaturelle.

Que c'est beau !
OUI, ça valait tous ces efforts, tous ces sacrifices, tous ces entraînements, toute cette préparation, toute cette satanée soupe à l'ail. OUI !


Bon, allons-y.
On redescend tout doucement et beaucoup plus facilement. Les visages sont rayonnants et on garde toujours sur notre gauche cette merveilleuse image du trio magique (l'Everest, le Nupse et le Lhotse). Et en prime on distingue fort bien le glacier du Khumbu par où les alpinistes montent vers le col sud. On ne voit pas l'endroit où est le camp de base, mais on le devine très bien au pied du glacier. De toute façon on pourra en savoir un peu plus lorsqu'on reverra les 3 personnes qui s'y sont rendues (Hélène, Christine et Marc).

Bilan :
3 personnes se sont rendus au Camp de Base de l'Everest et 33 ont réussi l'ascension du Kala Pathar. Il faudrait aussi ajouter les 3 personnes qui se sont rendus jusqu'à Gorak Shep (5100 m) et qui n'ont pas tenté l'ascension ou le Camp de Base dû à la fatigue et au froid. C'est très bon surtout lorsqu'on sait que 40 % des gens n'atteignent pas Gorak Shep.

La descente se passe bien et assez vite on revient à Gorak Shep où les sherpa nous y attendent avec un jus chaud qu'il fait bon de se mettre derrière la cravate. On se fait dorer un peu au soleil, question de récupérer un peu et on se remet en route vers Lobuche. Il faudra 2 longues heures de marche à travers ce sentier vallonné et parsemé de roches, mais au moins là, il fait clair et il fait chaud.

A notre arrivée au lodge, chacun retourne dans son sac de couchage et ne se réveille que pour le souper. C'est une bonne chose qu'on demeure là une nuit de plus. Ç'aurait été l'enfer de redescendre plus bas, d'autant plus qu'il manque encore pas mal de monde et les 3 du camp de base ont un très long retour à effectuer (3 heures de marche pour revenir à Gorak Shep + 2 heures pour Lobuche. OUF !).

9.01.99
Fatigue Que ce n'est pas facile de dormir en haute altitude ! Certains auront du mal à respirer (c'est assez spécial de se réveiller en suffocant suite à une apnée du sommeil. Parlez-en à Marc .), d'autres essaieront de combattre les maux de tête par l'aspirine et d'autres enfin, souhaiteront le retour du matin au plus vite afin de redescendre au plus sacrant plus bas où l'air est meilleur et surtout plus abondant en oxygène.
Enfin, c'est le " tea time ". On prend le thé, on prépare nos sacs et le déjeuner suit. Moi, je demeure couché. Je n'ai pas faim.

Finalement, on part vers Dughla que l'on franchit assez vite. On y retrouve avec grand plaisir Geri, Hélène Michaud et Danielle qui étaient redescendues la veille afin de diminuer les problèmes dus à l'altitude. Elles nous font part de leur mauvaise nuit où le froid les a envahies pas mal dans ce petit lodge à 4600 m. Tout le monde a hâte d'être plus bas. Puis, on continue notre route vers Pheriche (4200 m) où le dîner nous attend. Il fait froid et il neige un peu, mais on avance à bon rythme .

Le dîner se passe dans une ambiance froide. Le petit poêle du lodge chauffé avec des excréments de Yak n'arrive pas à réchauffer ce groupe de randonneurs qui espérait un peu plus de chaleur. Et c'est le départ vers Pangboche (4050 m) que l'on attendra quelques heures plus tard sous une belle petite tempête de neige. Ce qui donne un tout autre aspect à l'environnement.

Suite ...