Chroniques À l’aventure et Conseil plein air

PARAPENTE DANS LES ALPES

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

Le mont Blanc sur son piédestal à 4 807 mètres, les Alpes, Chamonix…  je les ai parcourus en randonnée pédestre et ce fut absolument enfiévrant.  Mais, côté adrénaline, j’ai eu la tête et l’esprit trafiqués lorsque j’ai survolé la région.  En parapente ! 

Autant vous l’avouer tout de suite : je suis du genre à frémir de bonheur devant de hauts pics enneigés, surtout quand ces sommets portent des noms légendaires dont on a tant entendu parler dans les bouquins d’alpinisme.  Vous devinez donc que Chamonix, cet éden nichant dans une vallée encaissée de parois verticales et de glaciers, entre la chaîne des Aiguilles rouges et le massif du mont Blanc, m’enflamme sur le champ.   Ça respire l’histoire, ici.  Mis à part ces récits héroïques, on ne peut faire fi des « simples » promeneurs qui fouillèrent un jour les chemins et les sentiers du voisinage.  Des gens comme Victor Hugo par exemple.

Le jour suivant notre arrivée, notre groupe s’empresse d’emprunter le premier téléphérique de la matinée vers l’Aiguille du Midi.  Nous plongeons dans un autre monde, celui des grimpeurs.  Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite : nous constituons les seuls touristes à bord.  Des gens de plusieurs nationalités, aux visages brûlés par le soleil, gréés de cordages et mousquetons, nous entourent.  Au débarquement, nous suivons le flot et réalisons que nous marchons dans un tunnel de glace au bout duquel l’on échoit sur une terrasse naturelle.  C’est une fourmilière.  Tous s’activent, attachent leurs crampons et filent lentement en direction des à-pics ou du sommet.  Nous sommes à 3 842 mètres.

Trois heures plus tard, je me dirige dans les montagnes situées juste en face, de l’autre côté de la commune de Chamonix, soit dans la chaîne des Aiguilles Rouges qui constitue un belvédère naturel sur le mont Blanc.  Est-ce que vous imaginez le décor, la vue ?  Et bien, dites-vous que je suis à près de 3 000 mètres dans les airs.  Dans les airs ?  Ouais… en parapente !   Inexpérimenté, non équipé, je me suis inscrit auprès de l’école Azur et je vole en tandem avec un pro, Eddy, ex-membre de l’équipe nationale de France.  Du haut des airs, seuls le centre sportif et la piscine gâchent un peu la scène.  Eddy m’explique qu’ils se révèlent l’œuvre d’un architecte réputé, un dénommé Taillibert.  Et oui, le créateur du stade olympique de Montréal…   

Le vol devait durer 20 minutes mais le soleil à son zénith et le ciel azur incite Eddy à se gâter lui aussi.  Nous folâtrons durant une heure.  Une heure !  Soixante minutes à embrasser du regard des paysages à couper le souffle.  Je vis un état d’allégresse, voire d’ivresse.  En aucun temps, je me sens en danger.  De là-haut, je perçois de tous bords des centaines de marcheurs et randonneurs, tous isolés les uns des autres, qui déambulent en bordure d’un lac de montagne, pique-niquent ou jouissent des paysages sublimes.  On s’approche de parois verticales qu’escaladent des alpinistes et on échange même des salutations !  J’occupe un siège privilégié pour jouir des points de vue les plus magistraux.  L’aiguille Verte, les Grands Montets, la Mer de Glace qui coule du mont Blanc, les Grandes Jorasses me laissent bouche bée.  Quelle expérience !

REPÈRES

-École de parapente Azur : eddy@summits.fr ou www.summits.fr

-Chamonix est un paradis pour le tourisme en randonnée pédestre, en vélo de montagne, pour le plein air en général : www.chamonix.com ou www.cieguides-chamonix.com

-Renseignements au Québec : ce voyage était (très bien) organisé par l’agence

 Passion Aventure Air dans un forfait d’abord axé sur le trekking : 1-800-574-7472

 

MES COUPS DE CŒUR

-Être arrivé à la mi-juin pour éviter la folie des vacances à Chamonix où il y a

10 000 habitants en permanence et 100 000 visiteurs par jour en été

-Le sentiment d’être minuscule dans ces panoramas spectaculaires

-La qualité et le caractère champêtre des restos de Chamonix.  Plein air le jour, bonne bouffe le soir