Chronique À l’aventure du Journal de Montréal

 

VIVA GRAN PARADISO

Par Yvan Martineau, collaboration spéciale

ymartineau@videotron.ca 

Si l’on vous demandait le nom du plus beau parc national d’Italie, réputé pour l’alpinisme, pour ses randonnées à ski de fond et en randonnée pédestre, seriez-vous en mesure de répondre ?  Il s’agit du Gran Paradiso, où trône majestueusement des sommets de plus de 4 000 mètres. 

Un groupe de Québécois y a marché l’an passé.  Les chanceux !  Puisque les amateurs de trekking songent déjà à la prochaine saison, et puisqu’il s’agit aussi d’un endroit de rêve pour le ski de fond, voici un résumé de leur journal de bord pour vous mettre l’eau à la bouche.

16 juin.  Cette magnifique aventure prend son envol dans un autre paradis, mais du côté des Alpes françaises, Chamonix.  Dès le départ, nous affrontons notre premier col, celui de Voza (1653 m).  Ce passage ne s’avère pas le plus haut, mais il a l'honneur d'être le premier.  Dans la descente qui suit, nous traversons quelques villages montagnards des plus coquets.  Ce soir-là, l’auberge champêtre où nous dormirons nous concocte un plat typique que nous adorons, une tartiflette.  Après trois superbes journées, nous parvenons à la frontière italienne et au refuge Elisabetta à 2 035 mètres, puis à Courmayeur où nous mettons ensuite le cap sur le parc du Gran Paradiso.

22 juin.  Notre premier refuge du côté italien s’avise savoureux à souhaits.  Notre dortoir se trouve dans le grenier et il faut marcher à quatre pattes, ou presque, pour ne pas se frapper la tête.  Tous rigolent.  Ça respire l’histoire et le vécu, ici.  24 juin.  Le réveil se fait à 3h dans la nuit.  La file de lampes frontales s'ébranle et lentement nous débutons la montée vers le sommet.  Il culmine à 4 061 mètres et nous partons du refuge à 2 700 mètres.  Une dénivelée de 1300 mètres… ouf !  Impossible de marcher à grandes foulées, les muscles rechignent.  Le sentier égrenant les lacets embrase autant qu’il éprouve.  Fantastiques, les paysages à l’aurore.   L’heure qui suit nous pétrifie à plusieurs reprises.  Les jeux de couleurs flamboyantes se modifient alors de minute en minute.  Un spectacle fabuleux, ce lever du soleil qui dévoile les pics, parois et falaises  grimpant droit vers l’espace.  Ce sont de véritables citadelles de vertige.  On gagne finalement notre ciel vers 9 h.  Nous sommes fiers et à nouveau le spectacle autour nous enflamme.  Il faut se faire violence pour s’y arracher et se décider à entamer la descente. Les guides nous encordent comme des alpinistes par mesure de sécurité.  Arrivés à l'hôtel, certains font la sieste, d'autres commencent à fêter la Saint-Jean.  Nos aubergistes nous servent un  souper succulent, puis nous profitons d'une nuit de sommeil récupératrice.   

Au terme de la semaine passée au Gran Paradiso à effectuer diverses excursions, les membres du club de plein air La Cordelle reviennent à Chamonix.  26 juin.  Tous jubilent à leur retour de leur visite à l’Aiguille du Midi.  De nombreux alpinistes avec tout leur gréement nous accompagnaient à bord du téléphérique.  Un autre monde, celui de la haute montagne… Le lendemain, nous visitons Annecy, réputée l’une des plus belles villes de France avec son lac, sa vieille cité médiévale, son canal bordé de terrasses.  La rêvasserie ne nous quittent pas… à quand la prochaine aventure ?

REPÈRES

-Ce séjour de rêve était organisé par le club de plein air La Cordelle : www.cegeptr.qc.ca/cordelle  Ce club s’est aussi rendu à l’Everest, au Kilimandjaro, au Grand Canyon, etc.  Sa prochaine destination : le Machu Picchu au Pérou.

-Office national italien du tourisme au Canada : www.italiantourism.com

-Ces voyages sont ouverts à tous, mais une certaine forme physique est requise puisque certaines ascensions sont corsées et il faut transporter son sac à dos

LES COUPS DE CŒUR DE DANIEL CYRENNE, ENSEIGNANT ET GUIDE

-Nous y retournons régulièrement pour la splendeur des paysages, mais aussi la diversité : rando en France, en Italie, visite de l’Aiguille du Midi, d’Annecy, etc.

-On a beau être tout près de la frontière française, le secteur du Gran Paradiso est italien à 100%, et donc entichant au possible

-On s’y inscrit pour son amour de la montagne, mais c’est toujours de l’ambiance, du charme des villages, des habitants et des amitiés nées dont on parle au retour